samedi 9 février 2013

Lu, Vu, Entendu : Deux Auscitaines témoignent pour la Palestine

Dans le journal Sud Ouest, Maryse, Rolande et Jacques étaient du voyage avec l'association en octobre-novembre 2012

Deux Auscitaines témoignent pour la Palestine
Après deux mois en Palestine, Maryse Dellac et Rolande Valadié veulent désormais réfléchir à des coopérations


Sitôt revenue, elle pense déjà à repartir. Et cette fois-ci, pas de mission humanitaire qui interdit, d’un point de vue éthique, tout positionnement politique. Non, elle s’organisera plutôt un voyage militant, la cueillette des olives dans un village près du mur pendant quelques semaines par exemple, même si elle n’exclut pas de jouer aussi les boucliers humains sur les bateaux des pêcheurs palestiniens au large de Gaza.

Aider sur place, puis témoigner au retour, Maryse Dellac l’a fait à plusieurs reprises. Désormais, elle veut s’engager davantage. Mais d’abord, elle va raconter, le 13 février (1), la vie des Palestiniens dont elle a partagé le quotidien pendant deux mois : du 28 octobre au 7 novembre d’abord, selon le circuit qu’elle avait déjà expérimenté en avril 2011 avec une délégation d’élus de Seine-Saint-Denis et qui avait consisté à rencontrer partis politiques, associations, coopératives et autres ONG avant de visiter quelques lieux historiques ; puis du 8 novembre au 22 décembre, à Naplouse, comme infirmière pour une association humanitaire.

Chars contre cartes mémoire

Non pas que Maryse Dellac ait particulièrement le goût du récit, quoiqu’elle raconte très bien la tension qui règne à Hébron, les check-points tenus par des soldats israéliens d’à peine 18 ans aussi terrorisés que les gens dont ils contrôlent les passeports, la liesse le 29 novembre lors du vote à l’ONU, la cure intensive à base de falafels et de houmous… Mais la vice-présidente de l’agglomération d’Auch et conseillère municipale PC se fait un devoir de raconter ici ce qui se passe là-bas. « C’est ce que nous demandent les Palestiniens : témoigner. » Et l’on ne peut pas dire que les Israéliens facilitent la tâche aux observateurs, aux « internationaux » comme disent Maryse Dellac et son amie Rolande Valadié. Cette dernière avoue être « naturellement trouillarde ». Mais en Palestine, à de nombreuses reprises elle a eu « vraiment peur ».

Il y a eu cette fois où trois chars israéliens ont encerclé le bus pour mieux convaincre ses occupants de donner la carte mémoire de leurs appareils photo. Puis cette autre fois, où dans un champ à 200 mètres du mur, alors que Maryse Dellac, Rolande Valadié et son ami Jacques Pimbel étaient venus ramasser symboliquement quelques olives avec les villageois, les soldats israéliens, agacés par des gamins qui leur lançaient des cailloux, « se sont mis en position de tir et ont chargé », frémit encore Rolande.

En culotte pour un keffieh

« On sent que tout peut déraper à chaque instant », reconnaît Maryse Dellac, retenue deux heures durant à l’aéroport de Tel-Aviv le jour de son départ, forcée de se mettre en sous-vêtements, parce qu’elle portait un keffieh blanc autour du cou.

Témoigner de tout cela est certes important, mais ce n’est pas le seul but de Maryse Dellac : « Les Palestiniens n’ont pas seulement besoin de déclarations d’intention. » Forte de ce qu’elle a observé là-bas et des rencontres qu’elle y a faites, la sexagénaire réfléchit à des coopérations, notamment avec une association d’agriculteurs bio à Jéricho. « Ils sont spécialisés dans les plantes aromatiques et ont très envie d’échanger avec une association du même type en France. » Le Gabb 32 (2) peut d’ores et déjà s’attendre à recevoir un coup de fil de Maryse Dellac…

(1) Maryse Dellac, Jacques Pimbel et Rolande Valadié organisent une soirée afin de partager leurs impressions et analyses après leur séjour en Palestine, le mercredi 13 février à partir de 18 h 20, au Mouzon. Maryse Dellac parlera aussi de son action au sein d’une ONG à Naplouse, Gérard Tournadre dira des poèmes du poète palestinien Mamoud Darwich et il y aura, bien sûr, une dégustation de produits palestiniens. (2) Groupement des agriculteurs biologiques et biodynamiques du Gers.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire