jeudi 7 novembre 2013

7 ème billet: Jenin


Par Jean Claude

 
Après une visite au barbu grec qui gère l'église orthodoxe du Puit de Jacob, nous gagnons Jenine, une ville qui porte réellement les stigmates de la guerre.
Du camp de réfugiés peuplé de 14 000 personnes dont 35 a 40 % âgés de 20 ans ou plus, on retiendra que le responsable du comité populaire pour les services, pourtant de bonne volonté s'est fait voler la vedette. Par son chef ?
Peut-être. Parole confisquée, il a attendu les bras croisés écoutant le discours généraliste et assez confus que nous a servi le dignitaire qui passait par hasard. Passons... 
Le théâtre de la Liberté reste marqué par le souvenir de Juliano Mer Khamis assassiné à deux pas d'ici et de sa mère Arna. Cette famille à la fois Israélienne et Palestinienne a œuvré avec audace présentant sans cesse des textes insolents, menant une véritable révolution par le biais de l'art dramatique, une réelle résistance pacifique. Malheureusement, cela a suffit pour qu'on ait envie de répondre à ces mots par les armes. Certains membres de notre groupe ont connu Juliano. Un vrai moment d'émotion.
Nous sommes reçus pour le déjeuner à la coopérative agricole Silet Alhartieh, producteur d'huile d'olive, d'amandes et de blé. Nous savourons une sorte de pizza savoureuse.
Suivra un autre moment d'émotion car nous sommes reçus dans la maison de la famille de Mona, prisonnière politique dont Françoise, adhérente d'Aulnay Palestine Solidarité est la marraine.
Les deux sœurs et les deux frères de Mona sont là, avec de nombreuses nièces plus jeunes. Les deux frères ont déjà été emprisonnés plusieurs fois. La camarade Françoise était bien émue quand elle a pris la parole. Sa voix tremblait. Elle suintait la sincérité c'est pour ça qu'on l'aime. L'émotion planait dans cette petite salle à manger familiale. Il faisait chaud dans tous les sens du terme. On était bien. Peut être que Mona là bas dans sa cellule l'a senti elle aussi et a été réchauffée pour un petit moment.
Les jeunes filles, du haut de la terrasse,  nous ont fait de grands signes le plus longtemps possible. C'est dur les départs.
La nuit tombée (il est déjà plus de 17 h),  nous gagnons le camp de réfugies d'Al Farah dans la maison de Khaled Mansour. Khaled est une montagne de muscles, de chair et de certitude. Il a 55ans, il est né dans ce camp et ne l'a jamais quitté. Khaled est responsable du PPP (Parti Populaire Palestinien). Sa vie c'est l'histoire du peuple palestinien. Il est impressionnant.
Nous regagnons Naplouse, réconfortés car la visite à Jenine : images de la guerre, discours de non dit dans le camp des réfugiés et contact désagréable avec un groupe de gamins hostiles et pré délinquants. Rien de tout cela chez Khaled Mansour.

 



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